mardi 25 octobre 2016

Interview #1 : Charlotte Bousquet


Quand vous étiez enfant, quel métier vouliez-vous faire ?
Vétérinaire, écrivain (je ne disais pas "autrice" à l'époque), je crois que c'est tout...  

Quel est votre genre de roman préféré ?
Je n'ai pas de genre préféré, mais des "crises" : l'an dernier, j'ai lu quasi tous les romans de Laura Kasischke (fiction américaine contemporaine), en ce moment, je me plonge dans la SF/anticipation philosophique, je lis beaucoup d'essais, j'aime avant tout une écriture, un ton... j'adore également la littérature ado/young adult, que je trouve incroyablement riche. Mes derniers coups de cœur ? La Boiteuse, de Françoise Grard et Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais.  




Quel est le livre que vous avez écrit, qui vous a rendu le plus fière?
Là où tombent les anges, peut-être parce qu'il a été très difficile à écrire et que ça valait le coup finalement, de ne pas tout laisser tomber.
Le jour où je suis partie, qui paraît chez Flammarion en janvier, parce que... plein de raisons, en fait. 

Comment avez-vous fait pour vous renseigner sur la vie des femmes durant la guerre ?
J'ai lu, énormément. des essais sur les femmes, sur le genre, sur les femmes pendant la/ les guerres, des journaux, des écrits de Colette, etc. Ce qui est important, quand on se lance dans un roman historique, c'est à la fois de se documenter sur l'époque et de s'en imprégner  

D'où vous vient l'inspiration pour votre dernier roman ?
Pour Sang-de-Lune, j'avais envie de parler... Enfin, non, pas envie. Je crois que c'était une nécessité. Bref. Donc. De violence envers les femmes, d'oppression, de soumission à l'autorité et de liberté. La difficulté, avec ce sujet, c'était de tomber dans les clichés et les amalgames faciles, réducteurs. C'est pour cela que j'ai choisi d'écrire une dystopie, non un roman réaliste. Moi, ce que je voulais avant tout, c'était interroger l'humain (femme, homme) face à la tyrannie (une tyrannie patriarcale, absurde...) Et c'est pour cette raison que  les citations misogynes et absurdes du roman, utilisées pour forger sa structure sociale,  sont issues de l'Essai sur les femmes, d'A. Schopenhauer, philosophe aigri, étroit d'esprit, méchant (pourtant étudié à la fac "en toute  neutralité"), auquel les intégristes religieux (toutes religions confondues) n'ont vraiment rien à envier.  

Avez-vous une pièce particulière pour écrire?
Mon bureau, oui. Mais je peux également écrire dans un train, un avion, un café... Tant que j'ai ma bulle, tout va bien. 

Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire ?
J'ai toujours aimé raconter des histoires, inventer des mondes. Mes études m'ont poussée à m'interroger sur le rapport de l'individu à lui-même, à l'autre et au monde et j'ai eu envie de poser ces questions d'une autre façon. Puis il y a eu le jeu de rôles. Enfin, mes parents et mon mari, Fabien Fernandez, également auteur et illustrateur, qui m'ont poussée à prendre le risque. 

Combien de temps vous mettez pour écrire un roman en général ?
Entre un mois et un an, tout dépend de la quantité de documentation à réunir, de la taille du roman, de mon mental, à ce moment précis, de plein de facteurs, en fait...  

Quels sont vos indispensables pour écrire ?
un contrat signé. Je suis incapable de me lancer dans l'écriture d'un roman si je n'ai pas signé. C'est marrant, parce que j'ai un ami auteur, pour lequel c'est exactement l'inverse... 


Merci à Charlotte Bousquet pour avoir répondu aux questions ! 

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